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IV · Les moteurs avancésPro

La parcelle irriguée

Numériser une parcelle sur la carte, calculer ses besoins en eau (FAO 56, double coefficient cultural, pas horaire), évaluer son matériel d'arrosage, dimensionner son réseau interne et dresser la nomenclature.

Une parcelle est un polygone numérisé sur la carte satellite. De sa surface et de ses coordonnées découlent ses besoins en eau, le débit de la borne qui la dessert, le choix du matériel d'arrosage, les diamètres du réseau interne et la liste du matériel à acheter. Tout se fait dans l'onglet Irrigation ▸ Parcelles, et les résultats s'affichent à droite, comme ceux des autres calculs.

Numériser la parcelle

Outil Parcelle (raccourci A) : la carte satellite s'ouvre, on clique les sommets du contour, double-clic ou Entrée pour fermer, Échap pour abandonner, Retour arrière pour retirer le dernier sommet. La surface est calculée en mètres sur l'ellipsoïde : le zoom n'y change rien. Un contour dont les côtés se croisent est refusé, avec sa raison. Redessiner dans la fiche reprend le contour d'une parcelle existante.

Les huit étapes de la fiche

  1. Culture — le catalogue de FAO 56 Rev.1 (2025) : coefficients Kcb, hauteur, profondeur racinaire, fraction p. Quand le document donne une plage, le champ reste vide : c'est à vous de choisir, et la plage publiée est affichée à côté avec sa page. Les stades se saisissent en jours ou en degrés-jours (tableaux 6.11 et 6.12) ; les degrés-jours sont convertis en calendrier avec les températures moyennes des années téléchargées — c'est le calendrier d'une année moyenne, pas celui de l'année à venir.
  2. Sol — onze classes hydrologiques USDA (Rawls et al., 1982). La capacité au champ et le point de flétrissement sont lus sur la courbe de rétention, et restent modifiables : une mesure locale prévaut sur une moyenne de classe.
  3. Arrosage — méthode, fraction du sol mouillée fw (tableau 7.6), efficience d'application et heures d'arrosage par jour. Ces deux dernières sont des choix d'exploitation : rien n'est prérempli, et le débit de la borne en dépend directement.
  4. Météo — séries horaires de la réanalyse ERA5 (Open-Meteo) au centroïde de la parcelle, ou fichier CSV de votre station, qui prime. Les coordonnées de la parcelle sont transmises à Open-Meteo par le serveur : l'interface vous le dit avant le téléchargement.
  5. Besoins et débit de la borne — bilan hydrique horaire (ET₀ de Penman-Monteith horaire, double coefficient cultural Kcb + Ke avec couche superficielle d'évaporation, stress hydrique), pour chaque année téléchargée. On retient la période de pointe (fenêtre glissante de 7 à 30 jours) de l'année la plus exigeante, ou d'un centile. Le débit continu de la borne en découle ; il est arrondi vers le haut dans la gamme de limiteurs choisie. Si le réseau interne est dimensionné, le débit retenu est le plus grand du besoin et du débit de l'installation.
  6. Équipement d'arrosage — la pointe rejouée dans la zone non saturée (équation de Richards 1D, prélèvement racinaire de Feddes) au taux d'apport du matériel (L/h ÷ surface desservie) : ruissellement, eau passée sous les racines, évaporation, stress. Pour le goutte-à-goutte, le sol humecté est approché par la fraction mouillée fw : c'est un ordre de grandeur pour comparer deux matériels, pas un dimensionnement de bulbe.
  7. Réseau interne — on dessine les conduites comme n'importe quel réseau, on les range par rang (principale, secondaire, tertiaire) et par poste d'arrosage. Les rampes d'un tertiaire sont des paramètres (nombre, longueur, écartement des organes), pas des nœuds. Les tertiaires d'un même poste s'ouvrent ensemble : une conduite porte le maximum des postes, jamais leur somme. Le dimensionnement donne les diamètres, les vitesses, la pression requise à la borne et sa marge.
  8. Nomenclature — conduites par référence, rampes, organes, raccords, vannes de poste : chaque quantité dit comment elle a été comptée. Seuls les prix que vous avez saisis entrent dans le total, qui dit combien de lignes n'en ont pas.

Les catalogues

  • Organes d'arrosage : aucun n'est fourni — saisissez les caractéristiques de la fiche du fabricant (débit nominal, pression de service, exposant x de la loi q = k·hˣ).
  • Conduites : dimensions des normes PE ISO 4427-2 et PVC-U ISO 1452-2 (le diamètre intérieur est déduit de l'épaisseur minimale). Aucun prix n'est fourni. Les rampes d'irrigation (ISO 8779) ne figurent pas : leur tube se saisit.

Ce qu'il faut savoir

  • Rien n'est prérempli qui soit un choix. Une valeur qui manque est nommée, et le calcul refuse de tourner avec des trous.
  • Le bilan suppose une profondeur racinaire et une hauteur constantes (les valeurs maximales du tableau) et aucun ruissellement ni remontée capillaire. Le prélèvement racinaire de Feddes est sans compensation, donc volontairement sévère.
  • Le dimensionnement des diamètres est glouton (plus petit diamètre à la vitesse maximale, puis grossissement jusqu'à tenir la pression) : il donne un réseau conforme, pas un réseau de coût minimal.
  • Les données ERA5 ont une maille d'environ 25 km : pour tenir compte d'un microclimat, importez les mesures d'une station.
  • Sources : *Allen, Pereira et al., FAO Irrigation and Drainage Paper 56, Rev.1 (2025)* ; *Rawls, Brakensiek et Saxton (1982)* ; *Keller et Karmeli (1974)* ; *Keller et Bliesner (1990)* ; *Feddes et al. (1978)* ; normes ISO 4427-2 et ISO 1452-2.